Il Salone del Libro di Torino si è appena chiuso e il bilancio è davvero positivo: il nostro stand ha accolto centinaia di persone entusiaste e anche in questa sede abbiamo riscontrato molto interesse per i libri francesi... Grazie agli iscritti per esserci venuti a trovare e benvenuti a tutti i nostri nuovi utenti!Les gros peuvent être beaux. C'est le cas du Michel-Ange, un catalogue raisonné de Frank Zöllner, Thomas Pöpper, professeurs à l'université de Leipzig, et Christof Thoenes, de l'Institut Max Planck de Rome, des spécialistes de la Renaissance italienne, que l'éditeur Taschen a eu la prévenance de livrer dans un emboîtage pourvu d'une poignée : le bestiau doit bien excéder les dix kilos.
Benedikt Taschen a commencé sa carrière en 1980 en vendant des bandes dessinées à Cologne. Il a, depuis, fait fortune comme éditeur, publié des ouvrages monstrueux (en poids et en volume) sur Helmuth Newton ou Mohamed Ali (GOAT, 34 kilos, 3 000 euros...), fait un mariage qui a déplacé au lac de Côme les collectionneurs le plus huppés de la planète, et vendu en novembre, chez Christie's, à New York, pour près de 12 millions de dollars, son Diamond Ring, une sculpture de Jeff Koons. Bref, un personnage, capable de publier des livres d'art à 10 euros, comme d'autres à 150. Dont le Michel-Ange, qui suit un ouvrage du même tonneau publié en 2003 sur Léonard de Vinci. Soit approximativement 15 euros le kilo, ce qui tient du miracle éditorial.Des miracles, il en contient au moins deux autres : d'abord, les photographies. Il est rare qu'on pousse des "oh !" et des "ah !" en feuilletant un livre. Ici, chaque page donne de la joie. Et même ceux qui pensent bien connaître, disons, le plafond de la chapelle Sixtine, devraient s'esbaudir devant certains détails révélés par l'objectif.
Crénom ! Le bas de la robe du prophète Daniel en pleine page, il fallait l'oser. Le profil terrifiant de la sibylle de Cumes aussi ! Et l'intégralité du plafond, reproduit sur deux doubles pages, soit 80 cm de développement, c'est un bonheur. Tout juste pourrait-on se plaindre de ce que la partie concernant les sculptures (dans le catalogue raisonné, car dans le corps du texte, c'est une belle orgie, avec quatre vues du Bacchus, six de la Pieta, sept du David) aurait gagné à les montrer systématiquement sous différents angles : on n'était plus à un kilo près...
Car la bête comprend toutes les facettes de l'art de Michel-Ange : peintre, dessinateur, sculpteur, mais aussi architecte - plans, façades, élévations, tout y est.
L'autre miracle, ce sont les textes. Ils sont de deux sortes : une première partie retrace la vie et l'oeuvre dans un ordre chronologique, depuis sa naissance à Caprese, près d'Arezzo, en 1475, à sa mort à Rome en 1564. Une seconde partie, à peine plus austère, commente le catalogue raisonné qui, même si les auteurs allègent leur texte des habituelles notes en bas de pages, est apparemment complet et détaillé, avec toute la rigueur scientifique requise en pareil cas. Evidemment, les auteurs tiennent compte des avancées les plus récentes de la recherche. Mais l'ampleur du livre leur permet de surcroît de les prolonger, de les croiser, de les mettre en rapport avec les images, ou les textes bibliques dont Michel-Ange s'est inspiré pour ses travaux, comme avec ce qui subsiste de sa correspondance. Le tout admirablement resitué dans le contexte historique et politique de la période. Economique aussi : débutant, Michel-Ange fait les frais de la pingrerie de ses commanditaires, qui l'oblige à travailler son Bacchus dans du marbre de mauvaise qualité. Il n'oublia pas la leçon et écuma régulièrement les carrières de Carrare à la recherche des meilleures pierres. Ne sont négligés ni les anecdotes (il doit son nez cassé au sculpteur Pietro Torrigiani, dont il s'était moqué des maigres talents de dessinateur) ni les aspects psychologiques (on apprend ainsi, mais on s'en doutait, que les célèbres tensions entre l'artiste et le pape Jules II tiennent surtout à ce qu'ils avaient l'un et l'autre un caractère de cochon).
Le même sérieux a été apporté à la sélection bibliographique. Ainsi, s'ils ont exhumé un article publié en 1930 par Giovanni Papini, les auteurs ont eu la délicatesse de ne pas citer le livre qu'il a commis à la fin de sa vie sur Michel-Ange. Papini, écrivain étonnant et fasciste revendiqué, avait, au moment où il publiait sa biographie dans les années 1950, réalisé aussi un faux célèbre, une interview imaginaire de Picasso (où il faisait dire à l'artiste : "Je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu'il a pu l'imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains."). Interview mise à part, son Michel-Ange était de la même eau. D'autres monographies, autrement plus sérieuses, comme celles de Charles de Tolnay ou d'Antonio Forcellino, étaient datées, ou fragmentaires. Le livre publié par Taschen devient donc la nouvelle référence, pour longtemps.
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